Bugatti est une des marques pionnières et avant-gardiste du monde de l'automobile. Fondée en 1909 par le génie alsacien d'origine italienne Ettore Bugatti et reprise un temps par son fils Jean Bugatti décédé précocement en 1939 à l'âge de 30 ans. Bugatti s'est particulièrement distingué dans le sport automobile avec ses légendaires bolides bleus au radiateur en fer à cheval au palmarès inégalé de plus de 10000 victoires internationales en course, 37 records, ainsi que dans la gamme des voitures de luxe d'élite sur mesure avec l'adage d'Ettore : " Rien n'est trop beau, rien n'est trop cher ".
Vendue en 1963 au constructeur espagnol Hispano Suiza. De nombreux passionnés ont à c½ur d'essayer de ressusciter l'esprit d'Ettore Bugatti dont Romano Artioli en 1987 avec Bugatti Automobili SpA et Volkswagen AG en 1998 avec Bugatti Automobiles SAS.
Né d'une famille Italienne d'artistes établies à Milan, et passionné de mécanique et de vitesse au debut de l'aventure automobile des années 1900, Ettore Bugatti fonde son usine à Molsheim-Dorlisheim à 20 km à l'ouest de Strasbourg en Alsace (alors allemande) en décembre 1909, ( l'année de la naissance de son fils Jean Bugatti) après avoir travaillé successivement pour De Dietrich à Niederbronn (Alsace), Hermès à Strasbourg en association avec Émile Mathis, et enfin Deutz à Cologne (Allemagne).
En 1910 Bugatti remporte un vif succès au Mondial de l'automobile de Paris grâce à des caractéristiques techniques avancées, une haute qualité de finition, un haut niveau d'esthétique, de design et de prix.
Il poursuit et enchaîne les modèles de course et de luxe avec la Bugatti Type 13 ou Brescia (1327 cm3, 4 cylindres, 95 km/h) qui remporte plus de 40 courses en quatre ans malgré sa faible cylindrée grâce à son poids plume et sa tenue de route exceptionnelle.
En 1911 alors qu'il a vendu 75 Bugatti en Europe il s'associe avec Peugeot et conçoit la Peugeot Bébé dont 3095 exemplaires sont vendus. De 1914 à 1918 pendant la Première Guerre mondiale Ettore Bugatti quitte l'Alsace pour l'Italie puis pour la France pour qui il conçoit des moteurs d'avion de 16 cylindres en 2 rangées de 8. L'aviation américaine acquiert la licence de ce moteur exceptionnel.
En 1924 il présente en août sa fameuse Bugatti Type 35 au Grand Prix automobile de France à Lyon. Une voiture aux performances d'avant-garde dotée d'un compresseur pilotée par des pilotes d'usine et privés qui remportent plus de 2 000 victoires en compétition (record inégalé à ce jour) et qui lui apporte la gloire et la prospérité.
Jean Bugatti travaille très tôt au côté de son père au bureau d'étude de l'usine qu'il est destiné à pérenniser. Il se révèle rapidement doué au moins du même génie d'artiste designer que son père en dessinant les carrosseries les plus élégantes qui aient jamais habillé un châssis Bugatti. Il fait preuve également de génie en mécanique et contribue à l'innovation des voitures produites par son père qu'il stimule.
En 1926, Ettore et Jean conçoivent les Bugatti type 37 et Bugatti type 40 ainsi que l'extraordinaire Bugatti Type 41 la « Royale » qui cumule tous les superlatifs. Construite pour l'élite des monarques et chefs d'état de la planète. (12 763 cm³ pour 300 chevaux, 500 000 Francs) C'est un échec commercial cuisant, aucun monarque ne l'achète. Sur les 6 exemplaires fabriqués, 3 seulement seront vendus et les 3 autres sont conservés à l'usine. (Un septième exemplaire a été assemblé après la Seconde Guerre mondiale par les frères Schlumpf à partir de pièces détachées). Ettore commence alors à se détacher de Bugatti et confie de plus en plus de responsabilité à son fils Jean Bugatti.
De 1929 à 1936 sort la série Bugatti Type 46 ou " petite royale ", dernier modèle conçu par lui même (8 cylindres de 5,3 litres vendu à 500 exemplaires). Les suivantes sont toutes conçues par Jean Bugatti, toujours plus belles et plus fiables. En 1931, Ettore Bugatti sauve son usine de la faillite dans les années noires de l'après crise de 1929 en fabriquant 80 autorail Bugatti très lucratifs à base des moteurs de Bugatti Royale Type 41 de 12,7 litres couplé par quatre pour une vitesse record en 1934 de 192 km/h. Il conçoit également des bateaux rapides et également un avion De Monge-Bugatti.
En 1937 et 1939 Bugatti remporte deux fois les 24 heures du Mans avec les derniers pilotes français d'usine Jean-Pierre Wimille associé avec Robert Benoist au volant d'une Bugatti Type 51 en 1937 et associé avec Pierre Veyron au volant d'une Bugatti Type 57G en 1939.
En 1939 Jean Bugatti se tue accidentellement le 11 août à l'âge de 30 ans au cours des essais d'une Bugatti Type 57C à Duppigheim à 10 km à l'est de l'usine. C'est un drame catastrophique pour Bugatti et pour son père qui ne s'en remettra pas.
De 1939 à 1945 durant la Seconde Guerre mondiale l'usine est annexée par les Nazis. La guerre met fin à la production de Molsheim.
En 1945 Ettore Bugatti se bat et gagne en justice pour récupérer son usine de Molsheim saisie par l'administration française à la libération parce qu'il est italien. Il tente de redémarrer malgré les dettes et les manques de moyen. Les études des Bugatti Type 73 et Bugatti Type 78 n'aboutissent pas et l'entreprise vivote.
En 1947 Ettore Bugatti meurt d'épuisement des suites d'une congestion cérébrale le 21 août à Paris à l'âge de 66 ans après avoir déposé 1000 brevets et fabriqué en 37 ans près de 7 500 voitures de grand luxe et de course toutes entrées dans la légende et devenues des objets cultes de riches collectionneurs. Bugatti est détenteur d'un palmarès sportif jamais égalé avec plus de 10 000 victoires et 37 records.
Le décès d'Ettore Bugatti, la Seconde Guerre mondiale, les difficultés économiques de l'après guerre ont entraîné la disparition de la marque entré dans la légende des pionniers de l'automobile d'élite.
En 1951 Roland Bugatti (fils cadet d'Ettore) et Pierre Marco (ancien pilote et fidèle collaborateur de l'usine) tentent de produire les Bugatti Type 101 et 102 assez proche de la Bugatti Type 57 sans succès à cause de la misère économique d'après guerre. Six modèles seulement sont vendus. En 1956 une nouvelle tentative de come-back en compétition échoue avec la Bugatti Type 251. En 1963 la marque et l'usine Bugatti sont revendues au constructeur français Hispano Suiza. Le site de Molsheim est reconverti à l'aéronautique à partir de cette date. La marque Bugatti subsiste toujours à ce jour au sein du groupe Messier-Bugatti sous-traitant de très haute qualité pour l'aéronautique. Les Frères Schlumpf, des richissimes passionnés fanatiques de la marque, profitent de cette vente pour acheter tout ce qu'ils peuvent de l'usine en vente pour leur collection privée aujourd'hui exposée à la Cité de l'Automobile de Mulhouse (plus importante collection au monde de Bugatti).
En 1987 l'entrepreneur italien Romano Artioli rachète la licence Bugatti, fonde Bugatti Automobili SpA et présente " le jour du 110e anniversaire de la naissance d'Ettore Bugatti " (15 septembre 1991) la voiture la plus puissante et la plus novatrice du monde d'alors, la Bugatti EB110 (12 cylindres suralimentés par 4 turbocompresseurs, 550 chevaux pour 342 km/h (record du monde 1992 pour un véhicule routier), 4 roues motrices, châssis en fibre de carbone, carrosserie en aluminium. Suivie en 1992 par la Bugatti EB110 SS (Super Sport) de 600 chevaux et 200 kg de moins que la GT puis par la Bugatti EB112 en mars 1993, V12 atmosphérique de 6 litres, 460 chevaux inspiré de la Bugatti Type 57S "Atlantic" des années 1930 de Jean Bugatti. Il fait faillite en 1996 après avoir vendu 139 véhicules.
En 1998 le groupe Volkswagen AG rachète la marque, fonde Bugatti Automobiles SAS et commercialise la Bugatti Veyron avec un moteur de 16 cylindres, 8 litres, 1001 chevaux, 407 km/h au prix de 1 276 000 ¤.
De nombreux passionnés ont à c½ur de faire perdurer l'esprit d'Ettore Bugatti " Rien n'est trop beau, rien n'est trop cher". (source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Bugatti)